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Affichage des articles associés au libellé Pastiches

PILOU EST MORT

Tentative de pastiche de Marie Darrieussecq, fortement inspirée par la lecture de "Truismes", "Le Bébé" et "Tom est mort".   Pilou est mort. J’écris cette phrase. Et je n’oublie pas le point. Ca fait dix mois que Pilou est mort. Dix mois maintenant.   Mon mari est agent immobilier. Ma meilleure amie est enceinte ; jusqu’aux yeux comme on dit. C’est bête mais on dit ça. Les deux faits n’ont rien à voir ; je veux dire les deux propositions « Mon mari est agent immobilier » et « Ma meilleure amie est enceinte » n’ont qu’un lien ténu, voire pas de lien du tout.    Je dis n’importe quoi, je ne devrais pas écrire ce livre, et pourtant je le fais. La mort, c’est froid. C’est Pilou qui est mort. Mais c’est moi qui ai froid. Pourquoi ? Il était rose, joufflu, sain, un bébé quoi, un beau bébé disaient les gens. En pleine santé qu’ils rajoutaient juste après. Un jour, dans un parc, un clochard a dit « on en mangerait » et il a fait semblant de mordre la joue du bébé ...

LA QUICHE

Tentative de pastiche d'Alain Robbe-Grillet Rien. Sinon peut-être la certitude que je suis une quiche lorraine. Mes petits lardons d’une épaisseur inférieure ou égale à trois millimètres égayent ma garniture dorée à souhait et légèrement gonflée par le désir, bien légitime pour une quiche lorraine, d’être mangée. Ma pâte brisée nargue les vol-au-vent situés à trente et un centimètres et demi du bord gauche de l’assiette plate en grès dans laquelle je repose, tandis que la salade alanguie me fait de l’œil. Je l’imagine déjà surexcitée quand Monsieur va la mélanger avec la cuillère et la fourchette en bois : elle adore être mélangée par deux couverts à la fois. Grand bien lui fasse. A ma vue, le vin rouge, situé à un angle de quarante-cinq degrés par rapport à la bissectrice de l’angle de la table, pâlit dans sa carafe et le vin blanc, sommet du triangle isocèle dont la base est marquée par la pointe des couverts de Madame, rougit dans sa bouteille et ce malgré son A.O.C. Je me sens...

LA COUVERTURE ROUGE

Tentative de pastiche de Virginia Woolf                                    J’étais arrivée en Cornouailles avec les enfants par le train du matin ; j’avais passé les deux heures du trajet le nez dans mon livre, de peur de croiser leurs regards mais, une fois sur le quai, je vis passer subrepticement dans leurs trois paires d’yeux l’ombre du regard noir de leur père. J’étais assaillie des souvenirs du pique-nique de l’année passée - le verre cassé, la nappe blanche maculée de vin, la ballon emporté par le courant du fleuve -, c’était le dernier été de James. Ce ne fut pas ma sœur Rachel ni son mari Andrew qui nous ouvrit la porte mais un jeune homme d’une vingtaine d’années, au teint maladif, au regard arrogant et scrutateur : « Vous devez être Lily, enchanté, je suis Perceval, le frère d’Andrew. Avez-vous fait bon voyage ? ...