Premier recueil de nouvelles de Marianne Desroziers, Lisières doit se lire dans l’idée qu’on va frôler quelque chose, l’effleurer. Ce geste de toucher à peine n’est pas synonyme de superficialité, au contraire : on peut frôler quelque chose sans pour autant passer à côté ni mettre les pieds dans le plat. Frôler c’est caresser l’envie d’entrer subrepticement dans un univers et d’en ressortir sans rien y déplacer : “ …le vent a décidé de me frôler , poliment, timidement, comme s’il demandait la permission ” peut-on lire dans Depuis les terrasses . On peut ainsi effleurer un visage, frôler un regard et s’en trouver totalement bouleversée ( La couverture rouge ). Ce titre Lisières (lisière, avant que d’être le bord de la forêt, désignait au 16e siècle le bord du tissu, ce qui, adapté à un texte, ouvre des interprétations intéressantes) me séduit, même si personnellement je lui ...