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FAMILICIDE

À l’étage, j’en ai fini avec le père et ça n’a pas été une mince affaire, il y tenait à sa vie de vendeur de téléphones portables et de père de famille modèle. Définition de l’échec : avoir passé le cap des trente-cinq ans sans mari ni enfants. Diagnostic sans appel d’une maladie incurable : t’as foiré, ma cocotte, t’as foiré grave, t’as foiré le plus important et tout ce que t’as soi-disant réussi, les diplômes, les concours, la carrière, ça vaut rien, ça compensera pas, jamais, jamais t’entends jamais, t’entends ou je répète ?  Le début des hostilités date d’il y a environ 5 ans, quand à l’orée de la trentaine, je me mis à ressentir de façon insupportable la présence des poussettes, couffins et autres cris de bébés comme autant d’agressions permanentes dirigées à mon encontre. Dans la rue, au supermarché, dans les magasins de fringues, à la sécurité sociale, partout, même et surtout à la télévision, dans les publicités, les séries, les films, les jeux débiles. Il faut être le mem...

LA COUVERTURE ROUGE

Tentative de pastiche de Virginia Woolf                                    J’étais arrivée en Cornouailles avec les enfants par le train du matin ; j’avais passé les deux heures du trajet le nez dans mon livre, de peur de croiser leurs regards mais, une fois sur le quai, je vis passer subrepticement dans leurs trois paires d’yeux l’ombre du regard noir de leur père. J’étais assaillie des souvenirs du pique-nique de l’année passée - le verre cassé, la nappe blanche maculée de vin, la ballon emporté par le courant du fleuve -, c’était le dernier été de James. Ce ne fut pas ma sœur Rachel ni son mari Andrew qui nous ouvrit la porte mais un jeune homme d’une vingtaine d’années, au teint maladif, au regard arrogant et scrutateur : « Vous devez être Lily, enchanté, je suis Perceval, le frère d’Andrew. Avez-vous fait bon voyage ? ...

Je me souviens (nouvelle inédite)

Parce que Jordy n'est pas pire que Minou Drouet et surtout parce que je suis née en 1978, année de la publication de "Je me souviens " de Geoges Perec, moi aussi je me souviens... 1. Je me souviens que quand j’étais enfant, on écoutait Dave dans la R5 rouge (puis bleue) qui nous emmenait chez nos grands-parents le dimanche après-midi.  2. Je me souviens qu’à l’école primaire on nous avait déguisé en sans-culottes pour la commémoration du bicentenaire de la Révolution en 1989. 3. Je me souviens que durant mon année de cinquième, c’était la guerre du Golfe. 4. Je me souviens de La vie, mode d’emploi. 5. Je me souviens de ma découverte de Bordeaux en 1996 : il n’y avait pas encore le tram, des clochards en haillons et pleins de crasse qu’on aurait cru tout droit sortis de romans naturalistes du XIXème siècle dans la gare Saint Jean et sous les halles du Marché des Capucins …mais il y avait déjà Juppé. 6. Je me souviens du choc ressenti en apprenant a...

Bio-bibliographie (mise à jour le 23 mars 2021)

Juin 2019, soirée de lancement de la revue l'Ampoule 5, librairie Olympique, Bordeaux. Marianne Desroziers vit à Bordeaux. Elle est née par hasard, l’été 1978. Par chance, sa mère lui a transmis l’amour des livres, ouvrant ainsi une porte vers l’imagination. Merci Maman. Depuis, le vice de la lecture profondément ancré en elle, elle passe une grande partie de son temps à lire, à écrire, à observer les gens et à transmettre.  2015 : lauréate de la bourse d' é criture Aquitaine/ Hesse, elle a pass é deux mois à la Villa Clementine à Wiesbaden en Allemagne à l'aut omne 201 5. 2016 : l auréate de la bourse de résidence d'écriture accordée par La 25ème Heure du Livre/ Ville du M ans/ D.R.A.C. Pays de la Loire.   D irige la revue littéraire numérique L’Ampoul e et le collection Anthologie littéraire décadente, aux édition s de l'Abat-Jour . Bibliographie : "Lisières", Les penchants du roseau, 2012 " L'enfance cru...