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Critique de "Sylvia, la fille dans le miroir" par Roland Goeller

Voici la très belle critique de mon roman par Roland Goeller, écrivain talentueux et fin lecteur. Elle a été publiée sur son compte Facebook fin août 2023. Grand merci à lui !

Esther travaille sur une thèse consacrée à la poétesse Sylvia Plath, sous l’égide de l’universitaire Martha Smith qui à la fois la terrorise et la fascine. Mais voici que retentit dans la chambre de l’étudiante une voix comme sortie de la psyché. "Et ton poème ?" dit cette dernière. Le sujet de thèse devient interlocuteur et sujet de roman. Sylvia Plath reprend vie et s’insurge contre ce fastidieux travail littéraire sans vie. Elle veut qu’Esther le délaisse et se consacre à sa vocation, la poésie. Le roman prend d’emblée une tournure fantastique. La Sylvia de la psyché a-t-elle une réalité ou sort-elle de l’esprit enfiévré d’Esther, laquelle résiste. S’engage un combat avec des temps forts et des absences, des errances dans des cimetières et d’autres lieux emblématiques de Bordeaux, ville que l’auteure connait bien et se réjouit de décrire. Elle ne se contente pas que de cela. Le duel Esther-Sylvia aborde la complexe problématique de la création. Imitation ? Paraphrase ? Surgissement du néant ? Exploration des abysses ? "Penser par soi-même, quitte à se tromper plutôt que de mettre ses pas sans cesse dans les pas d’un autre. Être libre, ou du moins essayer, travailler à s’émanciper de tout. (p65)" La quête de la réalité littéraire devient quête d’identité, … au besoin en piétinant un peu le petit monde poudré des gens de lettres qui prennent la pose. Un roman en forme de prélude et fugue, paru aux éditions Sans crispation - éditions, écrit d’une main inspirée, bien connue du cercle de Editions de l'Abat-Jour, et dont à chaque page on se demande, mais qui deux, d’Esther ou de Sylvia l’emportera ?



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