Accéder au contenu principal

Critique de "Lisières" par Ingannmic sur son blog Book'ing

Une nouvelle critique de "Lisières" par Ingannmic (bouquineuse compulsive) sur son blog Book'ing. 

"La brièveté des six textes qui composent ce recueil fait qu'il se lit rapidement...
Mais le ton qui s'en dégage, et les étranges atmosphères dans lesquelles ils nous immergent, suscitent chez le lecteur des émotions dont il ressent l'écho longtemps après l'avoir terminé.

Marianne Desroziers sème au gré de ses nouvelles des madeleines proustiennes qui réveillent chez ses personnages la mélancolie liée aux souvenirs, et les font déambuler -et nous avec- le long d'une frontière devenue poreuse, séparant le réel de l'inconcevable, le passé du présent, les vivants des morts.
Un simple objet suffit. L'inspiration de l'auteure fait le reste, lui permettant de nourrir les rêveries de ses protagonistes, ou d'imaginer des aventures insolites, des existences multiples...

Certains de ses héros dégagent une espèce de douce morosité, et expriment comme un étonnement douloureux face au constat de ce qu'ils ont perdu, de l'inéluctabilité de la fuite du temps, que rend peut-être plus évidente encore ces fantômes qui s'invitent parmi les vivants, ou ces réminiscences qui s'imposent dans le présent.
On les imagine souvent silencieux, parfois même plongés dans la torpeur, tout absorbés qu'ils sont par leurs monologues intérieurs, et par les pensées que leur inspirent le spectacle de la mer du Nord, d'une vieille photographie retrouvée au fond d'un tiroir, ou encore le motif d'une couverture aperçue dans la vitrine d'une mercerie londonienne.

Marianne Desroziers nous tend un miroir pénétrable qu'elle joue à nous faire traverser d'un côté puis de l'autre. En explorant les possibilités de la fiction, en travaillant les hypothèses pour les rendre vivantes, elle dote ses petits textes d'un charme qu'accentue la touche surnaturelle dont elle les enrichit. L'humour s'associe parfois au surnaturel, comme c'est le cas dans "Le vice enfin puni", où nous découvrons comment la narratrice paye sa passion pour la lecture...
Ses histoires sont comme des portes ouvertes qui nous invitent, plutôt qu'à se torturer l'esprit pour tenter de comprendre ce qu'elle a voulu signifier, à laisser libre cours à nos propres ressources imaginatives..."

Posts les plus consultés de ce blog

Parution de la revue l'Ampoule numéro 16

  Très heureuse de vous annoncer la parution de la revue l'Ampoule numéro 16, publiée par les éditions de l'Abat-Jour. Après 13 ans d'existence, la revue se réinvente sous la houlette de Franck Joannic, l'éditeur, de l'auteur Clément Bulle et de moi-même.  C'est une revue complètement repensée que nous vous proposons, avec toujours ce qui fait l'ADN de la revue l'Ampoule, à savoir des nouvelles dans une veine fantastique ainsi que des oeuvres artistiques pleines de mystère (photos, dessins) mais aussi quelques nouveautés : un dossier artistique sur Audrey Quitttet (qui a réalisé la couverture), un dossier sur l'écrivain Sébastien Chagny, une BD d'Octavie et Victoria Lacombe, et enfin une rubrique sur les revues littéraires et une parodie littéraire (avec un jeu pour gagner un livre), toutes deux imaginées et écrites par Clément Bulle. Ravie pour ma part d'avoir dirigé le dossier sur l'artiste Audrey Quittet pour lequel je l'ai intervi...

Au sommaire du n°8 de la revue Le Novelliste

  Ravie de publier pour la première fois dans la revue illustrée Le Novelliste à l'occasion du numéro 8 à paraître en mai 2025. Grand merci à Yves Letort d'avoir pensé à moi (entre autres auteurs) pour écrire une nouvelle à partir d'une gravure de Shevek. Cette revue papier née en 2017, à parution annuelle met à l'honneur le genre de la nouvelle sous toutes ses formes dans des numéros thématiques. Avec ses 250 à 300 pages, Le Novelliste se présente désormais comme un mook (publication périodique intermédiaire entre la revue et le livre) et entend être à la fois qualitatif et quantitatif.  On peut d'ores et déjà commander Le Novelliste sur le site de Flatland Editeur .

Critique d'"Unica ou le morcellement" par Michèle Zachayus

Auteure de nombreux articles, critique littéraire (notamment dans la revue Présences d'esprits ), traductrice d’ouvrages dans le domaine du fantastique et de la SF (dont plusieurs chez Noosphère et Bragelonne), Michèle Zachayus me fait le cadeau d'une magnifique chronique sur "Unica ou le morcellement". Les éditions Sans crispation et moi-même la remercions infiniment pour sa lecture et ses mots. Voici donc sa chronique (publiée également sur Babelio et sur la page facebook de la maison d'édition) : « UNICA OU LE MORCELLEMENT Marianne DESROZIERS Sans Crispation – 2025 88 p – 14 € Ou les chemins de traverse/ non balisés ? Le propre de la SF ? « Toute la beauté de nos douleurs », disait Apollinaire… On est subjugué par la mélancolie qui sourd de ces pages hybrides d’une grâce ineffable, la tristesse portant en gésine une transcendance créatrice aux versets entêtants, portés par les ailes de ces amours cruelles entre toutes – qui, inexorables, ont pour objets à jama...