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Vases communicants avec Alice Scaliger

Ce mois-ci, je vase communique avec Alice Scaliger. Nous avons choisi comme point de départ une vidéo extraite d'un spectacle de danse qu'Alice avait partagé sur son blog et que l'on peut voir en cliquant là. Il s'agit de "Nowhere", spectacle réunissant 26 danseurs et créé en 2009 par DIMITRIS PAPAIOANNOU en hommage à la chorégraphe PINA BAUSH.

Vous pouvez lire mon texte sur son blog par ici.

Et maintenant place au texte d'Alice : 
 
Nowhere.

Une naissance à l'envers.
Nulle part c'est l'ailleurs, et c'est le recommencement. Or nous savons bien que nous n'avons pas de deuxième chance.
Le réveillon de l'an 2000, c'était une nouvelle occasion. À Nantes, on ouvrait le Lieu Unique, et pour l'occasion Pina Bausch donnait un spectacle. J'ai pris le TGV, j'y suis allée. Il fallait traverser les rails du tramway, de ces rails entourés d'herbe sur laquelle fêtards et buveurs s'allongeaient déjà, encore parallèles à leurs canettes de bière. J'ai marché jusqu'au grand bâtiment tout proche. Nous nous sommes allongés dans des transats de toutes les couleurs. Le spectacle se passait au ciel, sous les étoiles exactement, avec des danseurs qui voltigeaient de trapèzes en trapèzes, et parmi de longues écharpes d'acrobates colorées.
Je ne suis jamais retournée à Nantes, depuis ce minuit-là.
Nowhere, c'est le lieu où nos possibles rencontrent la chance d'une naissance. Dans les bras accueilli, se replier en position fœtale, repartir nu comme on est né.
C'est à ce désespoir que j'appartiens, debout sur la déchirure de l'instant. Le mot unique dit cela. Oh ! On peut bien rendre hommage, se souvenir. Nous ne sommes que des humains, après tout. Nous avons besoin de cette beauté fragile.
Dans ma mémoire, des danseurs entortillés dans de longues écharpes colorées m'offrent parfois l'oubli, petites capsules que je déroule, petits souvenirs sucrés. Dans cet endroit précis, Nowhere.

Rappel sur le principe des Vases Communicants :
Tiers Livre (http://www.tierslivre.net/) et Scriptopolis (http://www.scriptopolis.fr/) sont à l'initiative d'un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Il existe un groupe Facebook destiné à organiser ces échanges : n'hésitez pas à vous inscrire si vous avez un blog et souhaitez participer. 
Merci spécial à Angèle Casanova qui organise dorénavant ces échanges en amont (à la suite et dans la continuité de Brigitte Célérier) mais aussi en aval avec son regard sur nos échanges, des lectures audio et autres réjouissantes nouveautés à découvrir là. 

Posts les plus consultés de ce blog

Soirée de lancement de la revue La Piscine le 27/10/2017

Lecture de mon texte "Il faut être sauvage", publié dans le numéro 2 de la revue la Piscine sur le thème "Incidences/coïncidences". 
Photo : Claire Musiol

C'était le vendredi 27 octobre 2017 à la librairie Sauramps Odysseum à Montpellier, nous fêtions le lancement du numéro 2 de la revue La Piscine en présence de 3 des 4 maîtres-nageurs (Louise Imagine, Philippe Castelneau, Christophe Sanchez... manquait Alain Mouton) à l'origine de cette très belle revue (une des plus belles où j'ai publié), de 6 auteurs (Raymond Alcovère, Daniel Frayssinet, Claire Musiol, Nat Yot, Françoise Renaud et moi-même) et de l'artiste Olivier Chevalier. Une bien belle soirée de lectures et d'échanges autour de la littérature, de l'art et de la vie... qui me donne envie de revenir bien vite à Montpellier (et d'y rester un peu plus longtemps)!!! Merci à tous pour votre accueil chaleureux, en particulier à Nathalie et ses deux chats.
Pour en savoir plus sur le sommair…

Un poème dans la revue Dissonances n° 34

Un de mes poèmes sera au sommaire du prochain numéro de la revue Dissonances à paraître en mai 2018.  Il s'agit du n° 34 sur le thème des traces, entièrement illustré par Armelle Le Dantec. Plus d'infos sur le site de la revue.