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"La robe rouge du vain" de Barbara Albeck


Après Marlène Tissot le mois dernier, pour ces Vases communicants du mois d’août, j’ai le grand plaisir d’échanger avec Barbara Albeck. Contrairement au mois dernier où Marlène et moi avions chacune écrit un texte libre, cette fois nous sommes parties d’une même photo. J’ai choisi parmi les photos prises par Barbara celle qui me parlait le plus et nous avons toutes deux écrit un texte à partir de cette photo. Voici le texte de Barbara et vous pouvez lire le mien chez elle






La robe rouge du vain

Ce soir au menu TV, c’est poupées sur canapé. A dévorer des yeux : elles ne demandent que ça de se faire reluquer à moitié à poil et le reste bien épilé. Parties de jambes à l’air, décolletés en apnée, semelles compensées pour s’élever au sens propre mais pas au figuré. Uniques reliefs dans petit écran extra-plat : dialectique épurée d’un minimalisme post-moderne. Belles plantes artificielles qui ne performent qu’à se faner dans faux décor de maison de poupée. Partout les murs ont des oreilles et profusion de caméras pour éphémère célébrité. Stars d’un instant, étoiles filantes à peine aperçues déjà mortes, le vent sitôt en poupe que déjà retourné, et qui prendront la porte pour satisfaire les exigences d’un programme de lobotomisation massive. Binarité de la pensée, c’est gagne ou perds, et rien entre les deux pour aller se jucher. La Connerie Supérieure de l’Audiovisuel excelle à ne pas relever les identités. Hors de contrôle, les incarcérations volontaires dans cette prison dorée. Seule une fausse voix lactée au-dessus des poupées impose un rythme syncopé, comme sortie d’outre-tombe pour mieux ressusciter l’audience. C’est un jeu de cache-cache dans un cachot à cachotteries inventées de toutes pièces, toujours ça parle pour ne rien dire, commerce de bouches en faillite entre les quatre murmures de l’émission Secret story. Ses marionnettes ont sur les mains le sang des cerveaux liquidés, cependant qu’autour d’elles le vide creuse des trous.

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Deux poèmes dans le numéro 8 de la revue 17 secondes

C'est avec grand plaisir que je vois deux de mes poèmes publiés dans la revue 17 secondes, revue numérique mais dont il existe aussi une version papier (à paraître bientôt). Merci à Jérôme Pergolesi de m'accueillir pour la deuxième fois dans sa belle revue qu'on peut lire ici. 
Au sommaire de ce numéro : Rodolphe Houllé, Harry Szpilmann, Esther Salmona, Jacques Pierre, Flora Botta, Marie-Paule Bargès, Colette Daviles-Estinès, Rita Renoir, Roselyne Sibille, Karim Cornail, François Teyssandier, Thierry Radière, Philippe Agostini, Márcia Marques-Rambourg, Joelle Petillot, Esther Salmona, Adeline Duong, Sandrine Waronski, Nicholas Petiot, Clara Bouhier, Adèle Nègre, Florian Tomasini, Guillaume Dreidemie, Jean-Charles Paillet, Odile Robinot, Pierre Rosin, Corinne Colet, Daniel Birnbaum, Jérôme Pergolesi, Estelle Boullier, Aline Angoustures, Sophie Nicol, Brigitte Giraud, Agnès Cognée, Olivia Del Proposto, Erick Jonquière, Olivier Cousin, Fabrice Marzuolo, Arthur Catheri…

Quatre, poème de soutien à la famille Karasani

"Quatre" : un poème écrit en soutien à la famille Karasani, famille d'origine albanaise résidant à Saint-Aubin-du-Cormier en Bretagne depuis 2015, en très bonne voie d'intégration et malgré cela menacée d'expulsion. Chacun peut poster un poème en soutien sur la page de l'évènement Fb "100 poèmes en soutien à la famille Karasani". Toutes les infos sur la page Facebook ici.
Quatre



Quatre de plus
Quatre de moins
Qu'est-ce que ça change ?
Rien
Tout
Quatre personnes
Quatre sourires
Quatre mondes
De joies
De douleurs
De rêves
D'espoirs
Quatre sensibilités
Une famille en lutte
Pour une vie meilleure
Pour une vie digne
Travailler
Se rendre utile
Aller à l'école
Avoir des amis
Construire une vie
Ici
Juste là
Dans ce coin de Bretagne
Où l'accueil n'est pas
Un vain mot




Marianne Desroziers

Poèmes dans la revue Microbe

Très heureuse en ce début d'année 2017 d'être au sommaire du numéro 99 de la revue poétique Microbe qui explore pour son avant-dernier numéro le thème de la peau, d'autant que j'y suis en très bonne compagnie (Murièle Modély, Marlène Tissot, Cathy Garcia, Alissa Thor, etc.). 
Plus d'informations par là.